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La
production d’électricité verte à partir du photovoltaïque :
un
complément de revenus garanti pour les exploitants agricoles
Olivier CHOFFRUT-PHAN :
olivier@zelya.com
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Les
agriculteurs se sont fortement mobilisés en octobre 2009 pour défendre
leur pouvoir d'achat face à une baisse de leurs revenus, évaluée à 20%
en 2008 par le ministère de l'Agriculture. Cette baisse témoigne de la
volatilité structurelle des revenus agricoles, mais traduit surtout une
dégradation très nette de la conjoncture actuelle : hausse des charges
d’exploitation, baisse des prix de vente de la production,
renchérissement de l’euro sur les marchés des changes…
Certes, l’ampleur de cette chute varie selon le type, la localisation
géographique et la taille de l’exploitation, car il existe une grande
diversité de situations individuelles. Dans l’édition 2009 de son étude
intitulée « Les revenus
d’activité des indépendants », l’INSEE soulignait que, pour ce qui
est des exploitants agricoles, « leur
résultat courant avant impôts (RCAI) est de 17 100 € en moyenne en 2006
(revenu par personne non salariée). Les écarts sont importants entre
exploitants agricoles : un quart des exploitations dégage un résultat
supérieur à 24 300 €, la moitié un résultat inférieur à 13 700 euros
tandis qu’un quart ne dépasse pas 4 600 €. »
Au-delà
de cette disparité, et à la différence des salariés, les indépendants,
et notamment la plupart des agriculteurs, ont besoin d'un capital
professionnel (terrains, hangars, entrepôts, etc.) pour exercer leur
activité.
Indice mensuel général des prix des produits agricoles à la production
en 2009, données CVS, base 100, 2005, INSEE
Depuis l'avènement récent des politiques en faveur
des énergies renouvelables,
l’énergie solaire photovoltaïque ouvre à l’agriculteur qui le souhaite
la possibilité de percevoir des revenus complémentaires, fixes et
garantis, tout en conservant son patrimoine, en maintenant son activité
et en contribuant à la production d’une électricité « verte », sans
impact sur son activité agricole ou l’environnement. Et tout cela, sans
accroître ses besoins de financement ou son besoin en fonds de roulement
ou de trésorerie.
Le patrimoine agricole peut être valorisé
grâce à l’énergie radiative du soleil
La loi
du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du
service public de l'électricité a instauré un mécanisme d’obligation
d’achat par eDF et les distributeurs non nationalisés, de l'électricité
produite par les producteurs d’électricité exploitant des centrales
solaires photovoltaïques (CSP). Afin de soutenir le développement de la
filière, et notamment de garantir la rentabilité des investissements, un
tarif d’achat incitatif, composé d’un tarif de base et d’une prime
éventuelle dans le cas d’une intégration au bâti, a été fixé par
l’arrêté ministériel du 10 juillet 2006. En 2009, le tarif est de 0,33
(tarif de base) à 0,60 tarif de base plus la prime d’intégration au
bâti) euros par kilowattheure (€/kWh) d’énergie électrique produite.
Pour
un agriculteur disposant d’un patrimoine professionnel (terrains,
hangars, entrepôts, étables, etc.), c’est une aubaine qui permet de
générer une
rente locative
qui, permanente, fixe et garantie, augmente et lisse les revenus générés
par la seule exploitation agricole.
En
pratique, une CSP est constituée de panneaux photovoltaïques soit
installés
au sol, soit
intégrés aux bâtiments : ils
remplacent alors le toit (ou les parois latérales) d’un hangar en
assurant les mêmes exigences d’étanchéité ou d’esthétique.
Une
rente locative permanente par la mise à bail
Afin de
maintenir son activité, l’agriculteur peut aussi percevoir une rente
locative en concluant un bail pour la location d’une partie ou de la
totalité des terrains ou bâtiments existant, en contrepartie de
l’installation d’une CSP sur son patrimoine foncier, dont le montage et
l’exploitation reviennent à un développeur, futur producteur
d’électricité. Ce montage juridique permet de diminuer les risques et
les responsabilités de l’exploitant agricole, tout en lui garantissant
des revenus réguliers et garantis, liés aux recettes de la vente de
l’électricité produite.